Les élèves de Terminale HGGSP apprentis journalistes
Les élèves de Terminale HGGSP ont participé au projet Acad’EMI. Pour ce faire, ils sont devenus apprentis journalistes le temps de quelques séances, avec l’aide d’Aurélien Culat et Luc Chinel, journalistes de solutions à L’Audacieux. Ils ont ainsi pu préparer quatre sujets portant sur des questions environnementales et interviewer autant de porteurs de solutions afin de réaliser des podcasts qui seront ensuite diffusés sur le site du journal ou sur les réseaux sociaux.
Chaque groupe a explicité son travail dans les synthèses suivantes :
- Interview vidéo du chef papou Mundiya Kepanga
Aujourd’hui, pour L’Audacieux, les élèves de Terminale HGGSP du lycée Jacques-Ruffié de Limoux ont eu l’opportunité de rencontrer et de mettre en lumière le combat d’un chef papou pour sauver la forêt.
À l’heure de l’urgence climatique, il devient de plus en plus courant de voir s’opposer le développement économique et la protection de la nature. La Papouasie–Nouvelle-Guinée fait partie de ces territoires d’affrontement. Alors qu’elle abrite une forêt primaire tropicale exceptionnelle, qui concentre 5 % des espèces mondiales, elle a déjà perdu un sixième de son couvert forestier. La déforestation en Papouasie–Nouvelle-Guinée est principalement liée aux plantations intensives, notamment de palmiers à huile, et au commerce illégal d’animaux. Ces activités, souvent contrôlées par des entreprises étrangères, s’accompagnent de corruption et se poursuivent malgré un moratoire mis en place en 2023. Elles menacent aussi les populations locales, rarement consultées, dont les modes de vie sont directement affectés.
Face à cela, des acteurs comme Mundiya Kepanga, chef papou de la tribu des Hulis, défendent une autre vision. Pour lui, la forêt est essentielle à la survie humaine. Il montre que la déforestation est liée à la pauvreté et propose des solutions durables comme l’agroforesterie. En parallèle des actions internationales, notamment à la COP28, visant à protéger 30 % des espaces d’ici 2030, des projets locaux comme SoNG impliquent directement les habitants pour concilier protection de la biodiversité et développement.
Le combat de Mundiya Kepanga montre que les enjeux environnementaux sont indissociables des réalités économiques et sociales et qu’il est parfois nécessaire de traverser les océans pour sensibiliser le monde à ces questions. C’est pourquoi nous avons la chance d’accueillir aujourd’hui Mundiya, accompagné de son traducteur, le photographe et réalisateur Marc Dozier.
Nous l’avons interrogé sur les thématiques suivantes :
• Pour nous, lycéens ou Européens qui sommes loin de la Papouasie, quelle est, selon vous, l’action la plus utile que nous puissions mener pour soutenir votre combat ?
• Depuis les années 2000, vous voyagez beaucoup pour alerter les dirigeants mondiaux. Pensez-vous que les sommets internationaux (comme les COP) apportent des solutions concrètes sur le terrain en Papouasie–Nouvelle-Guinée ?
• Vous expliquez que la déforestation est aussi liée à la pauvreté. Comment peut-on concrètement aider les populations locales à protéger la forêt sans les mettre en difficulté ?
• Comment préparez-vous la nouvelle génération de Papous à protéger la forêt tout en s’adaptant à la modernité ?
Et voici ses réponses :
- Ce qui a donné naissance à cet engagement, c’est son invitation à la COP21. C’est à ce moment précis qu’il a réalisé que le réchauffement climatique était un problème mondial et qu’il ne touchait pas seulement la Papouasie–Nouvelle-Guinée. C’est cette COP21 qui lui a donné envie de faire son documentaire, lequel lui a permis de faire évoluer les choses dans son pays.
- Ce n’est pas pour l’aider, lui, dans son combat : c’est pour l’humanité entière, pour nous et nos enfants. Sa responsabilité est de protéger ses terres. En France, il nous faut agir localement, ce qui commence dans son jardin, sa commune, son village ou sa ville. L’intervention locale, d’après lui, pourra avoir un impact mondial.
- Pour lui, il est difficile de répondre à cette question. En effet, n’ayant jamais eu la chance d’aller à l’école, il ne sait ni lire ni écrire ; selon lui, il doit faire preuve d’humilité. Ayant participé à la COP21, il ne sait pas si ces actions ont un impact concret. Il dit faire ce qu’il croit être important, c’est-à-dire transmettre le message de ses ancêtres. Depuis la COP21, il y a un véritable changement dans ses forêts. Mundiya Kepanga se demande si, à l’échelle mondiale, il y a aussi un changement positif. Ainsi, selon lui, il faut laisser le temps faire les choses et prendre du recul.
- Les Occidentaux les appellent les peuples autochtones ou indigènes, mais il s’agit avant tout d’un peuple très pauvre, qui vit simplement sur des terres avec très peu de ressources, hormis les arbres. Par exemple, s’ils doivent amener quelqu’un à l’hôpital, ils ne vont pas vendre leurs enfants mais leurs terres, et c’est ce que nous ferions aussi. La clé, comprise par l’Union européenne et la communauté internationale, est de leur donner des ressources pour se développer de manière durable sans faire de mal aux forêts. Plusieurs projets sont mis en œuvre avec différents budgets de plusieurs centaines de milliers d’euros. Il s’agit d’offrir des alternatives de développement durable avec l’agroforesterie de la vanille, la culture du café et le développement des forêts secondaires. Ces alternatives permettent à cette communauté de gagner un peu d’argent afin qu’elle n’ait plus à vendre ses terres et donc la forêt primaire.
Nous remercions Mundiya Kepanga pour ses réponses. Pour en savoir plus sur son combat, nous recommandons les documentaires Frères des arbres et Gardiens de la forêt, le temps des solutions, réalisés par Marc Dozier. Nous le remercions également pour la traduction. Merci d’avoir lu notre article ; nous vous invitons également à écouter et visionner notre podcast vidéo et audio.
- Interview audio de Clémentine Plassart
Sujet : La hausse de la fermeture des milieux : quels enjeux ?
Avec le journal L’Audacieux et la classe de spécialité HGGSP (Histoire, géographie, géopolitique et science politique) du lycée Jacques-Ruffié de Limoux, nous menons un projet visant à créer des podcasts afin de réaliser du journalisme de solutions.
Pour cela, nous avons interrogé Madame Clémentine Plassart, responsable territoriale pour l’Aude au Conservatoire des Espaces Naturels d’Occitanie. Nous l’avons interrogée par visioconférence puis enregistrée sous forme de podcast.
Dans de nombreuses régions rurales en France, les paysages sont en train de changer, souvent sans que l’on s’en rende vraiment compte. Depuis plusieurs dizaines d’années, les prairies disparaissent peu à peu. En cause : le recul de l’élevage extensif et de certaines activités agricoles. À la place, la végétation se développe, avec des broussailles, du maquis puis parfois de la forêt. On parle alors de « fermeture des milieux ».
Ce phénomène peut sembler naturel, mais il pose en réalité plusieurs problèmes. D’abord, il entraîne une baisse de la biodiversité, car certaines espèces ont besoin d’espaces ouverts pour vivre ; ensuite, il augmente les risques d’incendies, surtout dans le sud de la France, où la végétation sèche peut facilement s’enflammer en été.
Face à cette situation, des initiatives locales se mettent en place pour rouvrir ces milieux et mieux protéger à la fois la nature et les habitants.
Pour conclure, ce projet nous a permis de mieux comprendre que la fermeture des milieux, souvent perçue comme naturelle, est en réalité liée aux évolutions des activités humaines et pose de véritables enjeux environnementaux, comme la perte de biodiversité et l’augmentation des risques d’incendies, notamment dans des régions comme l’Occitanie.
- Interview de Jean-Claude Pons, maire de Luc-sur-Aude
Énergie : à Luc-sur-Aude, les citoyens passent à l’action
Saviez-vous que, dans le monde, plus de 80 % de l’énergie provient encore du gaz, du pétrole et du charbon ? Un constat préoccupant qui souligne l’urgence d’accélérer la transition énergétique.
Aujourd’hui, la question de l’énergie est au cœur des enjeux climatiques. Malgré une part importante du nucléaire en France et le développement des énergies renouvelables, les émissions de gaz à effet de serre restent élevées, notamment à cause de l’utilisation des énergies fossiles par les ménages. Face à cette situation, de plus en plus d’initiatives locales émergent pour produire une énergie plus propre et durable. C’est dans ce contexte que nous nous intéressons aujourd’hui à une initiative audoise originale : un projet de production d’électricité renouvelable porté directement par les citoyens.
Nous avons eu la chance d’interviewer Jean-Claude Pons, le maire de Luc-sur-Aude, qui a répondu à nos questions sur le projet de parc solaire citoyen mis en place dans la commune. Le projet est né à la suite de la sollicitation de développeurs de parcs solaires, mais les conditions économiques restaient confuses. La région a alors mis en place un accord : pour chaque euro investi par un citoyen, elle apporte également un euro. Ainsi, le parc solaire citoyen est né d’un investissement participatif des habitants. La réalisation du projet n’a cependant pas été sans difficultés. Les aspects techniques, les raccordements ainsi que le coût très élevé du parc ont constitué des obstacles importants. De plus, Enedis, gestionnaire du réseau public de distribution d’électricité, n’était pas préparé à intégrer plusieurs sources de production sur le territoire. Des solutions techniques ont donc dû être mises en place pour répondre à ces contraintes. Concernant la mobilisation des citoyens, cette étape a été la plus simple à mettre en œuvre. Une diffusion efficace des informations sur le projet, ainsi que le soutien d’une plateforme financière à hauteur de 260 000 €, ont permis de rassurer les habitants et de les encourager à investir.
Aujourd’hui, le bilan du projet est positif. L’investissement est rentable puisqu’il permet de générer environ 5 % de revenus par an, un taux supérieur à celui de l’inflation. Après cinq ans de fonctionnement et en prenant en compte l’ensemble des coûts, le prix de production de l’électricité s’élève à 4 centimes par kilowattheure, un coût inférieur à celui annoncé pour la relance de l’énergie nucléaire. Par ailleurs, d’autres équipements ont été mis en place pour accompagner la transition énergétique du village. Trois chaudières à bois ont notamment été installées afin de chauffer les locaux scolaires et les logements sociaux. Cette solution permet de réaliser des économies substantielles, l’école étant auparavant chauffée à l’électricité avec des radiateurs peu performants. Enfin, selon le maire, la transition énergétique doit venir du terrain. Il souligne l’importance de l’engagement des citoyens face aux enjeux actuels, comme la crise pétrolière et les effets du dérèglement climatique. Pour lui, il est essentiel d’agir localement : les citoyens et les collectivités ont un rôle majeur à jouer dans cette transition écologique.
- Interview de Michael Dif, président de l’association « Causes communes 11 »